Le Canada, par l'intermédiaire de son gouvernement conservateur, vient de décider qu'il renonçait, implicitement, aux objectifs de Kyoto de réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
Comme indiqué sur ce shéma à droite, le Canada est après l'Espagne le pays industrialisé qui a fait progresser le plus ses émissions par habitant depuis 1990, soit environ +32% en 15 ans !
Malgré cela, et malgré l'urgence d'agir, les sirènes du développement économique à tout prix continuent de siffler aux oreilles des nouveaux représentants politiques à Ottawa, la capitale canadienne.
Le pays s'était pourtant engagé en signant, puis en ratifiant le protocole de Kyoto, qui l'obligeait à réduire d'ici 2012 ses rejets de 6% par rapport au niveau de 1990. Il lui sera d'ores et déjà impossible de tenir de tels engagements, et ceci même dans les 45 prochaines années.
L'extraction de pétrole à partir des sables bitumineux de l'Alberta (10% du pays, 40% de la pollution), la consommation électrique massive et sa production à partir d'énergies fossiles pour l'Ontario (39% du pays), sont les deux principaux barrages à un développement durable dans ce pays immense et qui détient des ressources monumentales.
Le Québec, même s'il est le troisième plus gros pollueur de par sa population importante (24% du pays), produit son énergie à partir de grands barrages hydroélectriques. Cependant, le gouvernement refuse de reconnaître cette participation dans le bilan provincial des rejets de gaz par habitant. Ce qui complique la situation, les québécois ne souhaitant pas payer pour les albertains, et les albertains ne souhaitant pas assumer financièrement leur pollution.
Le "plan vert" proposé par le gouvernement n'établit pas d'objectifs à court terme. Il propose à chaque entreprise de prendre les choses en main avec un objectif fixé à 2050 pour diminuer de moitié les rejets dans l'atmosphère par rapport à 2003.
Les associations et mouvements écologiques et environnementaux se sont élevés contre cette proposition de loi d'un plan vert qui n'a de vert que le nom.