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- 12 juin 2005
- Le
transport fluvial à nouveau en vogue en France
Le transport fluvial
de marchandises, en forte progression en France, notamment sur le
Rhône et la Saône, apparaît comme une alternative
séduisante au transport routier, mais pâtit encore
de la culture tout-route et de l'aménagement insuffisant
des voies navigables.
"Après
l'incendie du tunnel du Fréjus et les cinq morts de Bollène
à la suite de l'accident d'un camion, faut-il encore démontrer
que la route doit être désengorgée", juge
Alain Maliverney, chef d'agence sur le Rhône d'Alcotrans,
transporteur fluvial allemand très présent sur le
Rhin, qui assure depuis décembre une ligne entre Fos-sur-Mer,
Lyon et Châlon-sur-Saône.
"Le transport
fluvial montre tous les jours ses intérêts économique
et écologique", assure M. Maliverney, pour qui "il
existe sur le Rhône, et donc pour le sud, une capacité
d'extension assez fantastique pour le transport de marchandises".
De fait, confirme
la direction interrégionale des voies navigables (VNF) à
Lyon, le transport de fret fluvial Rhône-Saône pourrait
être multiplié par cinq à huit sans investissements
supplémentaires.
Avant l'arrivée
d'Alcotrans, seul River Shuttle Containers (RSC), filiale de l'armateur
maritime marseillais CMA-CGM, créée en 2001, exploitait
une ligne régulière sur le réseau Saône-Rhône.
Alcotrans, qui transporte
chaque semaine sur cette ligne fluviale l'équivalent de 230
semi-remorques, estime que "le port de Fos offre de très
bonnes capacités, avec la perspective du futur terminal à
conteneurs 2XL".
"Notre trafic
conteneurs, en hausse de 63% sur un an pour le fluvial, est le secteur
qui progresse le plus actuellement", confirme un porte-parole
du Port autonome de Marseille (PAM) qui poursuit l'aménagement
de son futur terminal fluvial.
Car la demande est
là. "Le trafic de conteneurs sur Rhône-Saône
a progressé de 50% à 45.000 unités en 2004",
soit environ 35.000 camions, indique Pierre Calfas, le directeur
des VNF.
Résultat: entre
Fos et Lyon, le fleuve gagne des parts de marché et représentait
en 2003 14,45% des acheminements, le chemin de fer reculant en deux
ans de 21,36% à 15,41%, tout comme la route de 78,19% à
70,14% en quatre ans.
Même si le transport
fluvial a fortement décliné en France depuis les années
70, un net redressement s'opère, avec une progression de
6,2% en 2004 sur 2003. Ceci s'explique par une véritable
"explosion des trafics" de conteneurs, avec une croissance
de près de 30% sur le bassin de la Seine et de près
de 40% sur le Rhône, avait indiqué en mai Gilles de
Robien, alors ministre des Transports.
Mais seules 5% des
marchandises (contre 40% aux Pays-Bas) transitent au fil de l'eau
(douce), une part qui "doit absolument croître",
avait-il lancé. Car si les clients apprécient sa sécurité,
le fluvial pâtit de sa lenteur et de la faible densité
du réseau français mais aussi de l'abandon du canal
à grand gabarit Rhin-Rhône qui aurait permis une liaison
intégrale nord-sud.
"Pour promouvoir
le fluvial, réplique M. Maliverney, pas besoin de long discours,
mais un seul constat: un convoi fluvial de 3.800 tonnes contenues
dans une seule barge équivaut à 66 wagons de chemin
de fer ou à 127 camions semi-remorques de 30 tonnes, qui
circulant en caravane sur l'autoroute, représentent 6 km
de long".
"Depuis l'incendie
du Fréjus, nous sommes de nouveau en état d'urgence:
il faut arrêter ou répartir ce trafic de poids-lourds",
estime Gérard Piel, vice-président PCF de la région
Provence-Alpes-Côte d'Azur chargé des transports. Avec
le ferroutage, dit-il, "le fluvial, mais aussi le merroutage
constituent également une réponse à l'engorgement
routier".
Sources : AFP
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