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- 4 juin 2005
- Les villes du monde sont menacées
d'asphyxie
Pourra-t-on encore
respirer dans les villes de 2030, où vivront les deux tiers
des habitants de la planète ? Pour la Journée mondiale
de l'environnement, célébrée dimanche, l'ONU
braque le projecteur sur l'urbanisme et l'aménagement du
territoire, clés de la survie écologique de la planète.
L'intitulé,
«Des villes vertes, un plan pour la planète»,
va bien au delà des forêts urbaines et des espaces
verts, sources d'une meilleure qualité de l'air. Il interpelle
gouvernements et élus locaux sur la nécessité
d'endiguer l'exode rural et d'organiser la croissance des villes.
Plus de 60 % de la
population mondiale vivra en zone urbaine d'ici 2030 contre 30 %
en 1950 et 48 % en 2003, rappelle le Programme des Nations unies
pour l'environnement (PNUE) qui organise l'événement
(www.wed2005.org).
«La quasi-totalité
de la croissance démographique des 25 prochaines années
se produira dans les villes et surtout dans les pays en développement»,
relève dans un message le secrétaire général
de l'ONU, Kofi Annan.
En gros, résume
l'expert gouvernemental français Michel Hamelin, «70
% des habitants des pays en développement vivent actuellement
en milieu rural, 30 % en milieu urbain. En 2030 ce sera l'inverse
dans les pays émergents, les pays moins avancés suivant
un peu plus tard».
Avant 2015, estime
l'ONU, la planète comptera 23 agglomérations de plus
de dix millions d'habitants contre 19 en 2000. 80 % de ces immensités
de béton seront localisées dans les pays en développement
comme c'est déjà le cas actuellement. L'envolée
des mégalopoles est spectaculaire depuis 1950 où seule
New York faisait partie de la catégorie avec 12 millions
d'habitants.
Au Nord, souligne
le PNUE, «l'urbanisation est allée, le plus souvent,
de pair avec la croissance économique et l'augmentation du
niveau de vie». Mais au Sud, «c'est tout le contraire
qui s'est produit, notamment en Afrique où 70 % de la population
urbaine vit dans des bidonvilles».
Le plus souvent «l'urbanisation
est subie au lieu de faire l'objet d'un plan d'ensemble»,
explique M. Hamelin. La population s'agglutine dans des bidonvilles
dépourvus de réseaux d'eau, d'assainissement, de collecte
des déchets et de transports publics. Avec l'envolée
des prix des terrains, les infrastructures nécessaires ne
peuvent plus être construites et les problèmes d'environnement
deviennent insurmontables.
«Créer
des villes respectueuses de l'environnement est un énorme
défi» mais «possible dès aujourd'hui»,
relève M. Annan.
«Imaginez une
ville où les immeubles utiliseraient l'énergie solaire
pour produire leur propre électricité et gaspilleraient
moins d'électricité grâce à des lampes
à basse consommation et à une bonne isolation; où
les transports publics seraient abordables et efficaces; où
les véhicules seraient électriques ou à hydrogène
et pollueraient moins», renchérit le directeur du PNUE,
Klaus Toepfer.
La Journée
mondiale de l'environnement est célébrée le
5 juin depuis 1987. San Francisco héberge les principales
festivités 2005 et accueille des maires des cinq continents
pour signer une Déclaration des villes vertes, une charte
de bonne conduite écologique à l'échelle municipale.
Le gouverneur de Californie,
Arnold Schwarzenegger, républicain d'origine autrichienne
en pointe sur l'environnement, a saisi l'occasion dès mercredi
pour assigner à l'État des objectifs de réduction
de gaz à effet de serre.
Le président
George W. Bush a rejeté le protocole de Kyoto, un accord
international sur la diminution de ces gaz réchauffant l'atmosphère.
Sources : Odile Meuvret
- AFP
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