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- 3 mars 2005
- L'agriculture biologique reste
marginale malgré une demande croissante en France
Agence France-Presse - Paris
L'agriculture
biologique reste marginale en France, avec seulement 2% des terres
cultivées, malgré une demande croissante favorisée
par l'engouement des Français pour les productions naturelles,
exemptes d'engrais, de pesticides ou de traitements chimiques.
En 2004, les superficies
cultivées en mode de production biologique ont régressé
de 3% à 540 000 ha, selon les chiffres de l'Observatoire
économique de l'agriculture biologique présentés
par l'Agence Bio au Salon de l'agriculture.
Après une progression
ininterrompue depuis 1995, le nombre d'exploitations certifiées
bio s'est stabilisé l'an dernier à 11 025.
«En 10 ans,
le nombre d'exploitations qui se sont consacrées à
l'agriculture biologique a été multiplié par
trois, les surfaces cultivées en mode de production biologique
par cinq et le nombre d'opérateurs certifiés pour
la transformation de produits biologiques par huit: c'est l'expression
d'un dynamisme très fort», a estimé Elisabeth
Mercier, directrice d'Agence Bio.
«Mais si nous
sommes au rendez-vous pour le court terme, nous marquons le pas
en ce qui concerne les surfaces en conversion. Le défi à
relever, c'est l'avenir», a-t-elle souligné.
Les surfaces en conversion
sont celles que l'agriculteur a choisi de cultiver selon le mode
biologique mais dont les produits ne sont pas encore vendus en tant
que produits biologiques. La période de conversion dure généralement
deux à trois ans. Ces surfaces sont passées de 145
000 ha en 2003 à seulement 61 000 ha l'an dernier.
Or, en un an, la consommation
de produits biologiques a fait un bond de 7 points. Plus d'un Français
sur trois (44 %) en a consommé régulièrement
en 2004 contre 37 % en 2003, selon les résultats d'une enquête
CSA.
Pionnière dans
les années 70, la France est désormais à la
traîne des autres Etats membres de l'UE en matière
de production biologique. Résultat: la moitié des
produits bio consommés en France sont importés.
La FNAB (Fédération
nationale d'agriculture biologique des régions de France)
met en cause un manque de «volonté politique».
Une quarantaine de ses membres ont manifesté mardi sur le
stand du ministère de l'Agriculture au Salon de l'agriculture
pour exprimer leur «ras le bol» et réclamer «un
soutien et une reconnaissance de ce mode de production».
Cette fédération
veut une redéfinition du mode de répartition des aides
européennes de la Politique agricole commune (PAC) qui fait,
selon elle, «la part belle aux systèmes les plus intensifs
et les plus polluants».
La députée
européenne Marie-Hélène Aubert (Verts), qui
présentera jeudi au Parlement de Strasbourg un rapport sur
l'agriculture biologique, a estimé que la Commission européenne
devait «être plus ferme à l'égard des
Etats membres».
«La France n'a
pas la place qu'elle mérite. Elle doit consacrer un budget
significatif au développement de l'agriculture biologique»,
a-t-elle lancé. «On doit dégager une politique,
des moyens, une cohérence dans le domaine des prix»,
a-t-elle ajouté en déplorant de «voir le nombre
des exploitations stagner alors qu'il devrait connaître un
véritable boom».
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